Edition : Belfond
Parution : Avril 2009 et Février 2011 pour 10 x18
Journal, essai autobiographique, éloge de la course à pied, au fil de confidences inédites, Haruki Murakami se dévoile et nous livre une méditation lumineuse sur
ce bipède en quête de vérité qu'est l'homme... Le L avril 1978, Murakami décide de vendre son club de jazz pour écrire un roman. Assis à sa table, il fume soixante cigarettes par jour et commence
à prendre du poids. S'impose alors la nécessité d'une discipline et de la pratique intensive de la course à pied. Ténacité, capacité de concentration et talent : telles sont les qualités requises
d'un romancier. La course à pied lui permet de cultiver sa patience, sa persévérance. Courir devient une métaphore de son travail d'écrivain. Courir est aussi un moyen de mieux se connaître, de
découvrir sa véritable nature. On se met à l'épreuve de la douleur, on surmonte la souffrance. Corps et esprit sont intrinsèquement liés. Murakami court. Dix kilomètres par jour, six jours par
semaine, un marathon par an. Il court en écoutant du rock, pour faire le vide, sans penser à la ligne d'arrivée. Comme la vie, la course ne tire pas son sens de la fin inéluctable qui lui est
fixée..
Pratiquant régulièrement à la fois la course à pied – sans être, et de loin ! Marathonienne ni même semi-marathonienne – ainsi que quelques pages d’écritures, j'ai été
attirée par ce livre dans lequel l'auteur raconte par le menu ses activités de coureur et les secrets de son écriture.
Ecrit sous forme de journal, il adopte une écriture intime : il décrit ses intériorités et les pensées récurrentes qui ont jalonné sa vie de coureur pendant vingt-cinq ans. Tout cela est
très spontané, parsemé de ses pensées.
« Simplement je cours. Je cours dans le vide. Ou peut-être devrais-je le dire autrement : je cours pour obtenir le vide. Oui, voilà, c’est cela, peut-être. Mais une pensée, de-ci de-là, va
s’introduire dans ce vide. Naturellement. »
Cet homme court 10 kilomètres par jour, six jours sur sept, il a imposé à son corps un rythme de marathonien. Il évoque le parallèle avec sa discipline d’écriture, la rigueur qu’il s’impose
là encore. C’est donc également un journal sur son écriture, son travail d'auteur et l'inspiration.
"En ce qui me concerne, la plupart des techniques dont je me sers comme romancier provient de ce que j'ai appris en courant chaque matin."
Le lecteur découvre au fil des pages que l'écriture est pour l’auteur, une activité qui lui demande autant d’efforts que la préparation d'un marathon.
Il évoque la solitude, la persévérance, l'abnégation et l'humilité, mais avant tout la volonté du dépassement de soi, au-delà de la course, au mépris de la « réussite » à tout prix.
« Que le livre voie ou non le jour m’intéressait moins que le fait d’avoir pu l’écrire. »
Trouver de l’intérêt à ce livre si on ne pratique ni l’une ni l’autre de ces activités est peut-être plus difficile.
Cependant c’est aussi la découverte d’un homme d’une grande simplicité qui reste modeste dans l’évocation de ses écrits et de ses performances. De plus l’ouvrage est jalonné de réflexions
philosophiques qui peuvent s’adapter aisément à tout un chacun.
Un petit livre introspectif et intéressant qui donne matière à questionnement sur la vie telle qu’on la mène au quotidien.