Zola Jackson - Gilles Leroy

Publié le par Plume

zola jackson

 

Edition : Mercure de France

Parution :Janvier 2010

 

 

"On nous l’avait promis. Juré. Que les nouveaux ouvrages jamais ne céderaient. Solides comme le roc. Plus forts encore que le barrage Hoover – un rempart infrangible. On nous l’avait promis et bêtement j’y ai cru. Zola ! Sois maudite ! Zola tu étais mère, comment as-tu pu t’aveugler à ce point ?… Mon enfant est loin depuis longtemps. Dieu merci, mon enfant vit au loin. Au nord. Mon enfant a préféré le froid où jamais la sueur ne trahit en auréoles fautives sous les bras. Il avait raison, ce pays sous la mer ne vaut rien. Nos métiers ne valent rien. Nos maisons de bois ne valent rien. Mais ce piège est le mien, c’est là que je vis, c’est ma maison, mon cabanon, je n’ai qu’elle, elle et Lady."

 

Août 2005, delta du Mississippi : l’ouragan Katrina s’abat sur la Nouvelle-Orléans. Les digues cèdent sur le lac Ponchartrain et les quartiers modestes sont engloutis.

 

La catastrophe touche de plein fouet la communauté noire. Tandis que ses voisins attendent des secours qui mettront des jours à arriver, l’institutrice Zola Jackson s’organise chez elle pour sa survie. L’eau continue de monter, inexorablement. Du ciel, les hélicoptères des télévisions filment la mort en direct.

 

Réfugiée dans le grenier avec sa chienne Lady, Zola n’a peut-être pas dit son dernier mot. Sous la plume de Gilles Leroy, Zola Jackson, femme de trempe et mère émouvante, rejoint le cercle des grandes héroïnes romanesques.

 

Mon impression :

 

Cette Zola Jackson, quelle femme ! L'auteur dresse un beau portrait intime de cette mama noire, ancienne institutrice, qui ne veut pas quitter sa maison alors que l'eau monte car elle ne veut pas se séparer de sa chienne, Lady.

Le départ est un peu complexe entre la réalité et les souvenirs de Zola, mais le tout prend sa place au fur et à mesure, sans temps morts.


On pourrait être tenté de comparer  ce roman avec celui de Laurent Gaudé "Ouragan" (paru en Août 2010) mais ce serait une erreur : l'héroïne est noire ; sous la férule de Katrina la nature se déchaîne et l'eau monte inexorablement...mais les comparaisons s'arrêtent là. Les deux valent d'être lus, savourés.

 

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