Magellan - Stefan Zweig

Publié le par Plume

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Edition : Le Livre de Poche                     

Parution : Mars 2012

 

 

 

Publié en 1938, cette biographie traduit la fascination de Zweig, explorateur de l'âme humaine et voyageur impénitent, pour l'exploit réalisé par le conquistador de Charles Quint.

 

 

 

 

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Quelle aventure que cette biographie !

Servie par l'écriture romanesque de Stefan Zweig mais très finement documentée, voilà le lecteur parti sur les traces d'un homme intrépide, volontaire, passionné, navigateur hors pair.

Portugais de petite noblesse, c'est pour et avec ce pays qu'il fera ses premières armes. En tant que simple marin, il apprendra sous le commandement de l'amiral Almeira, combattra en mer, aux Indes ;  sera plusieurs fois blessé ; montrera sa bravoure en sauvant la flotte royale ainsi que son frère d'armes Serrào.

La mer, la route des épices, il connaît, se passionne pour. Il cherche, lit de vieux récits, potasse de vieilles cartes et c'est ainsi que naîtra son idée de faire le tour du monde en partant par l'ouest et non par l'est et le cap de Bonne espérance, comme cela se pratique alors. Il pressent un passage, l'entrevoit sur les cartes...c'est bien plus tard qu'il s'apercevra à quel point elles sont fausses, même si son pressentiment était juste.


Aller à l'ouest pour rejoindre le Pacifique, personne n'y est arrivé mais fort de son expérience et de sa passion, il se présente à la cour devant le roi Manoel. Ce dernier ne veut rien entendre. Il faut dire que Magellan n'a rien d'un courtisan, ni dans ses manières, ni dans ses dires car il ne sait pas être hypocrite, jouer des coudes et des sourires.


"Il ne savait ni sourire, ni plaire, ni se rendre agréable ; il était en outre incapable d'exposer ses idées avec éloquence. Peu loquace, renfermé, retranché dans son isolement, cet éternel solitaire créait autour de lui une glaciale atmosphère de gêne et de méfiance. Ses camarades pressentaient inconsciemment dans son effacement silencieux une ambition d'une espèce particulière, imprécise, dont le but leur échappait et qui leur semblait par là plus suspecte que celle de ceux qui briguaient ouvertement les honneurs."


Il abandonnera son pays natal pour se rendre en Espagne où sa patience finira par payer. Il montera une expédition avec 5 navires et 250 hommes, sous l'égide du roi Carlos 1er (Charles Quint).

Le récit tant du montage de l'expédition que du périple en lui-même est haut en couleurs, plein de rebondissements, passionnant. On le dévore comme le meilleur des romans d'aventures. On est là, à bord du bateau amiral, déplorant les altercations avec les 3 capitaines Espagnols ; on vibre au rythme des flots, des grains, des tempêtes ; on hurle parfois à l'incompréhension ; on se rebiffe devant l'injustice ; on craint sa rudesse ; on a peur du renoncement...

 

"S'il ne trouve pas le passage, tout est perdu. Il n'y a pas de milieu, seul l'entêtement peut lui conserver son autorité, seule l'audace peut le sauver."

 

...d'entêtement et d'audace, il n'en manque point. Alors même si l'on déplore son caractère, on salue son opiniâtreté et malgré le froid,la faim, la mutinerie on ne peut que louer son exploit, admirer sa façon d'entrer en contact avec les indigènes, son intelligence qui lui permet de les convaincre au christianisme et au roi d'Espagne sans que le sang ne soit versé.

 

Ce livre est aussi le témoignage de la rudesse de la mer, d'une époque, de la trahison, de la versatilité des hommes, de leur besoin de reconnaissance et de l'injustice ... heureusement que la postérité gardera le nom de Magellan pour ce détroit, guère emprunté aujourd'hui encore, que ses contemporains ont lâchement passé sous silence.

 

C'est pourtant à Fernào de Magalhàes que l'on doit le premier tour du monde, la certitude que la terre était bien ronde et à son expédition que l'on doit la découverte du décalage horaire !

 

Un bel hommage à un grand navigateur, un très beau récit et un véritable coup de coeur.

 

"L'exploit de Magellan a prouvé, une fois de plus, qu'une idée animée par le génie et portée par la passion est plus forte que tous les éléments réunis et que toujours un homme, avec sa petite vie périssable, peut faire de ce qui a paru un rêve à des centaines de générations une réalité et une vérité impérissables."

 


La lecture de ce titre entre dans le cadre du challenge des "12 d'Ys", catégorie n° 10 : "Biographies"

2012- les 12 d'Ys

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Publié dans Lectures

Commenter cet article

medical billing resources 08/10/2014 14:18

I am a great fan of Stefan Zweig. What makes me his ardent fan is the topics his books is about. I think he is the father of pirate novels in the world. Most of his novels are about pirates who have a comedy touch.

Ys 23/05/2012 11:13

Ton billet me donne plus envie encore, quelle vie passionnante !

Plume 23/05/2012 17:56



Ah oui, ça c'est sûr !


Merci à toi Ys car les biographies et moi, ça fait 2, grâce à ton challenge celle-ci m'a fait de l'oeil et comme Zweig en a écrit d'autres....



Theoma 23/05/2012 09:23

il m'attend sur l'étagère !

Plume 23/05/2012 17:53



C'est une biographie mais ça se lit comme un roman d'aventure, n'hésite pas !



Hélène Choco 21/05/2012 16:57

Les biographies de Stefan Zweig sont des merveilles! Je ne connaissais pas celle ci, ton avis m'interpelle!

Plume 22/05/2012 14:22



je ne suis pas très biographies, mais j'avoue que là je suis conquise et qui plus est, bien plus que par les romans de S.Zweig !