La fille de son père - Anne Berest

Publié le par Plume

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Edition : Seuil

Parution : Août 2010  et Août 2011 pour Points

 

 


 

Trois soeurs que la vie a éloignées se retrouvent chez leur père à l'occasion d'un dîner d'anniversaire. Dans la maison d'enfance, les souvenirs affleurent. Les gestes deviennent nerveux, les langues fourchent et les rancoeurs s'invitent autour de la table.

Au dessert, un secret de famille est révélé. Une bombe à retardement qui va, sourdement, modifier le quotidien de chacune des filles.
Un premier roman acéré, qui sonde les rapports doux-amers de trois jeunes femmes et d'un père.

 

 

 

 

 

 

Dans un style assez brut et des phrases courtes, l’auteur nous raconte l’histoire de trois sœurs orphelines de mère.

Leurs relations avec leur belle-mère sont tendues et cette dernière est assez abrupte avec elles, comme si elle ne savait pas par quel bout les prendre. Jusqu’au jour de l’anniversaire d’Irène où, excédée, elle divulgue un secret concernant leur "sainte" mère.

Cette révélation va, bien entendu, les bouleverser dans leur vie, leur quotidien, leurs relations avec leur père,  et surtout, dans les souvenirs de leur mère.


Dans un premier temps ce sera surtout l’aînée, Irène, 38 ans, mariée et mère de famille qui prendra pour elle la révélation qui a secoué son dîner d’anniversaire comme sous l’explosion d’une bombe.

Pourtant c’est l’histoire de la narratrice que l’on suit depuis le début, dans le détail de son quotidien comme de ses amours.

La petite dernière, Charlie, semble moins concernée, ou tout du moins elle n’apparaît pas au premier plan du roman. Elle était très jeune à la mort de sa maman et n’a de souvenirs  d'elle qu’au travers de ses deux sœurs.


Puis, presque d’un seul coup au détour d’une page,  on entrevoit le dénouement de ce secret.

L’auteur nous a sciemment menés sur des chemins détournés pour mieux nous surprendre, nous saisir sur le vif.


Le sujet n’est certes pas original mais il est bien traité, les phrases, courtes, servent parfaitement la personnalité de la narratrice.

Les relations père filles sont bien disséquées, ainsi que celles avec leur belle-mère. Etre la deuxième épouse d’un veuf ne doit pas être chose facile, et cela ne l’est certainement pas non plus pour les enfants de la disparue.


Ce roman se lit d’une traite, il  happe le lecteur. Néanmoins, il manque un petit peu d’émotion de la part de la narratrice.  En effet, on la perçoit comme un être épiant et commentant les évènements de sa vie derrière une vitre, à distance, même à la fin au moment de la chute.


« Son crâne est un champs peuplé d’une flore désorganisée, de jardins luxuriants et d’autres désertiques, où rien ne prendra jamais. »

 

 

Je remercie les éditions Points et Livraddict pour ce partenariat

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Hélène Choco 29/12/2011 10:14

C'est vrai qu'on sent la narratrice presque extérieure au monde, à travers une héroïne étrangement froide. On est loin de la passion latine et envoutante de Carole Martinez! Ca se rapproche de
Delphine de Vigan , mais il manque encore un travail sur le style et l'émotion, je trouve...

Plume 29/12/2011 20:52



Oui, c'est assez dérangeant, voire déstabilisant, cette distance.


Quant au dernier Carole Martinez, je ne l'ai pas encore lu !