Je m'appelle Lotte, j'ai 8 ans - Anne B.Ragde

Publié le par Plume

Edition : Balland

Parution : Mars 2012

 

1960 : Lotte, 8 ans, habite Trondheim, Norvège. Son existence sans soucis s’écroule le jour où ses parents se séparent. Le père part vivre avec une jeune veuve, Monica, et ses deux enfants. Lotte, très attachée à son père, un homme sensible et gentil, se referme sur elle-même, perd la confiance de ses deux meilleures copines et noue une nouvelle amitié avec Marit. Toutes deux passent des heures à collectionner et à échanger des images chromo (celle d’un tigre contre celle d’un ange par exemple). Les relations avec sa mère, rongée par l’amertume et la jalousie, sont très difficiles. Pendant les vacances dans la ferme de ses grands-parents paternels, Lotte retrouve un peu de sa joie de vivre. Mais à cette époque où le divorce est encore mal accepté, la petite est étouffée par le poids des non-dits, de la honte, des secrets de famille et se sent trahie par son père. Lotte développe un sentiment qui ne la quittera plus jamais : celui de ne pas savoir qui elle est et d’être une inconnue pour elle-même.

 

En 1960, le nombre de parents divorcés était moins fréquent qu'aujourd'hui, stigmatisant les enfants, faisant donc de Lotte une "pestiférée" dans son école. A l'âge des copines, de la construction de soi, c'est difficile. Lotte vit une trêve pendant les 8 semaines de vacances d'été lorsqu'elle se rend chez ses grands- parents, en pleine campagne.

L'auteur nous dévoile au fil des pages la face cachée de chacun  des deux parents de Lotte. Au départ le père paraît éminemment sympathique. Il perdra petit à petit de son aura en cours de lecture ... Quant à la mère, nous connaîtrons également ses forces et ses faiblesses.

Dans ce contexte, Lotte est évidemment déchirée entre ces deux êtres qu'elle aime. En proie à des démons imaginaires - les sont-ils tant ? ils se montrent si réels dans ce qu'elle vit - elle voit s'égrener bien trop vite les semaines d'été jusqu'au jour où il lui faudra de nouveau faire face, rentrer auprès de sa mère et retourner en classe...

 

Comme dans chaque roman d'Anne B.Ragde, les personnages sont très fouillés, le lecteur sait tout de leur intériorité. Sans larmoiement, elle décrit la vie et les sentiments tels qu'ils sont.

 

 

Sur ce blog, du même auteur : Zona Frigida ; La tour d'arsenic.

 

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