Déluge - Henry Bauchau

Publié le par Plume

delugeEdition : Actes Sud

Parution : Février 2010

 

C'est dans un petit port du Sud de la France, où elle s'est installée pour raisons de santé, que Florence fait la connaissance de Florian. Peintre vieillissant, instable, réputé fou et pyromane, il n'aime rien tant que brûler et voir se consumer ses propres dessins. Encouragée par la psychiatre qui le "suit" de loin, Florence accepte de se mettre à son service. Et bientôt se forme autour d'eux, et de l'atelier aménagé pour l'artiste, un petit cercle d'amitié...Peindre le Déluge - et peut-être le livrer aux flammes -, tel est le grand oeuvre que projette désormais Florian. De jour en jour, de mois en mois, il entraîne ses compagnons dans la folle entreprise de ce tableau démesuré qui les requiert corps et âme, qui les épuise et pourtant les transcende. Car cette oeuvre est, comme notre monde, traversée par la violence des siècles, par le désastre et la splendeur d'une humanité toujours renaissante. L'art et la folie, le rêve et le délire, la vulnérabilité et l'inépuisable nécessité de créer, tels sont quelques-uns des chemins qu'Henry Bauchau propose à notre réflexion, et qu'il illumine d'une écriture aussi profonde que d'une magnifique fluidité...

 

Mon impression :

 

Un roman magnifique sur l'exigence de l'art, la façon dont l'artiste peut se sentir poussé par le "divin" (quel qu'il soit).

La nécessité de créer impossible à repousser ou à éloigner, dans une passion qui transcende et révèle, parfois jusqu'à la folie.

Les affres des grands que l'on dit géniaux ainsi que l'incompréhension devant ce feu sacré.  En effet il est difficile d'imaginer, face à cette folie engendrée pour et par une oeuvre, que l'artiste ne peut en aucun cas s'empêcher de créer, qu'il a besoin de créer quel qu'en soit le prix à payer physiquement, personnellement, amicalement. 

Dans le roman, il entraîne dans son sillage ceux et celles qui sont sensibles et/ou porteurs d'au moins un gène de ce génie de la création et se perdent ou se trouvent dans l'un ou plusieurs visages de cette folie. 

 

 

Le tout, sublimé par l'écriture, majestueuse.

 

 

Publié dans Lectures

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Ys 13/07/2011 23:50


Je n'ai pas encore découvert cet auteur dont pourtant j'ai lu tant de bien. A chaque fois qu'il sort un livre, en toute discrétion, il est acclamé, ça ne doit pas être en vain...


Plume 14/07/2011 16:28



C'est vrai qu'il n'est guère médiatisé...mais les vrais "grands" en ont-ils besoin ? Pour moi, il est un monument en littérature tant son écriture est maîtrise, précision, force. Sans avoir tout
lu, "Oedipe sur la route", "Antigone", "L'enfant bleu" font partie de mes ouvrages de prédilection. Un petit peu moins "Boulevard périphérique" même si l'écriture en est toujours aussi fine et
belle !


Je crois que cet auteur ressent tellement l'intériorité, avec ses violences, ses ambiguités, ses douleurs, qu'il sait les comprendre pour en extraire le meilleur. Tout un art qui ne fait pas dans
la facilité, plutôt dans le subtil. A essayer absolument quand on aime les belles plumes.