De l'amour, de la mort, de Dieu et autres bagatelles - Lucien Jerphagnon

Publié le par Plume

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Edition : Albin Michel

Parution : Septembre 2011

 

La presse s’est emparée de jeune homme de 90 ans, d’une vivacité, d’une insolence et d’un charme incomparables. Mais qui est-il ?
C’est toute la question qui sous-tend le livre. Philosophe de profession, Lucien Jerphagnon prévient : il n’y a pas de « jerphagnonisme ». Mais un être singulier, qui a pris le temps de raconter son parcours, depuis Bordeaux, jusqu’à la déclaration de la guerre, où il a été arrêté, puis envoyé en Allemagne et d’où il est revenu marqué à jamais par l’expérience de l’horreur, mais décidé néanmoins à trouver des raisons d’exister. Commence alors un parcours à travers le siècle qui le conduit à fréquenter Vladimir Jankélévitch, mais aussi bien. Plotin ou Saint Augustin.
Allègre, fantasque et brillant, composé de chapitres, qui alternent souvenirs, anecdotes, réflexions légères et profondes, On ne sait jamais est un livre qui ne peut laisser personne indifférent. Mieux qu’un livre de sagesse, le livre d’un vrai sage qui, tels les anges vantés par Chesterton, ne vole que parce qu’il se prend à la légère. Refusant la dimension testamentaire, cet ouvrage a été écrit en l’honneur de la vie - de tout ce qui en fait, malgré les tristesses, les violences et les doutes, un miracle improbable et quotidien.

 

Lucien Jerphagnon est né en 1921 et est décédé en  septembre de cette année. Il était philosophe et historien, spécialiste de Saint-Augustin et auteur de nombreux ouvrages.

 

Dans ce livre, il s’entretient avec l’écrivain Christiane Rancé et traite de différents sujets qui ont émaillés sa vie : de son enfance à Bordeaux à sa vie d’études ainsi que de ceux qui lui ont tant apporté, dont son maître Vladimir Jankélévitch.

Il porte un regard sur le monde d’hier et celui d’aujourd’hui en saupoudrant ses réflexions de références qui se basent sur 3 millénaires de philosophie grecques, romaines et contemporaines.     

 

En homme érudit aussi bien qu’espiègle, il alterne de façon sérieuse, ludique et teintée d’humour : bons et mauvais souvenirs,  anecdotes datant de quelques siècles ou puisées au cœur de sa vie, réflexions de Saint-Augustin ou de Jankélévitch. Le tout est solidement étayé de nombreuses références instructives qui permettent d’appréhender la philosophie et l’histoire comme on aurait aimé qu’elles nous soient enseignées.

 

Dans son idéal, il aurait souhaité ouvrir l’esprit de tous car selon lui il y a autant de pensées que de philosophes. Ce qui peut expliquer l’usage récurent du  mot : ipséité qui signifie « être soi et seul à l’être en ce monde » mais en toute humilité !

Sa devise, en tout cas ce qu’il souhaite que tout un chacun garde à l’esprit est le message de Delphes : « Connais-toi toi-même » :


« Bien savoir ce qu’on est, sans plus, afin de se réaliser soi-même autant qu’on le pourra, conformément à sa nature et à sa destinée. »

 

C’est avec bonheur qu’il nous fait découvrir combien les philosophes - du temps de Platon déjà ! – étaient au fait de ce que l’on s’ingénie à oublier aujourd’hui et qui semblerait pourtant d’actualité et de salut public :

 

{ …Platon revient trois ou quatre fois sur les périls que court une société où les parents se laissent dépasser, où l’on refuse toute forme de contrainte, où l’on revendique comme premier « le droit de faire ce que l’on veut », etc. Aristote dénonce de même le « copinage » parents-enfants – si courant de nos jours – et déplore que la multitude préfère le désordre à la bonne conduite…]

 

 { …ayant de soi comme de toutes choses une vue juste, être sage, dit Martial, c’est « se contenter d’être ce qu’on est, sans désirer plus, et là c’est Cicéron qui le rappelle, que « nous ne sommes pas nés seulement pour nous », et qu’il faut de ce fait « resserrer l’association des hommes entre eux »…}

 

Impressionnant !

                                                                                                                              

S’il n’est pas toujours facile de suivre ses pensées - sans oublier de se munir d’un  dictionnaire à portée de main – le livre est dans l’ensemble abordable et compréhensible par les néophytes.

 

La lecture est donc intéressante et permet de se poser maintes questions.  Par contre, les interventions de Christiane Rancé ainsi que son prologue sont assez fastidieux et captent  moins l’attention.

 

 

 

Je remercie les éditions Albin Michel ainsi que Newsbook pour ce partenariat.

 

 

 

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                                                Nanou

                                                                                           Challenge 1%

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herisson08 19/11/2011 17:27

Malgré tout ce que tu en dit, je pense que ce n'est pas pour moi!

Plume 20/11/2011 20:32



Je comprends que ça puisse ne pas tenter, même si c'est très accessible...